Par le délégué à la presse, Hajj Mohamed Bendamia en France
La nomination de Sefi Gharib comme Premier ministre par intérim, succédant à Nadhir al-Arabi, a suscité diverses réactions politiques, allant de la critique des changements en cours à la tête du gouvernement au soutien et aux encouragements, avec des appels à saisir l’opportunité de promouvoir le dialogue national et de réformer les politiques économiques et sociales.
Lors de sa première prise de fonction au sein du parti, Abdelali Hassani Cherif, chef du Mouvement pour une société pacifique, a publié une longue déclaration présentant une évaluation de la situation, abordant le changement de gouvernement d’un point de vue politique et constitutionnel. Il a fait valoir que la responsabilité de son parti d’opposition exigeait d’exercer un contrôle politique grâce aux outils parlementaires à sa disposition.
L’ancien candidat à la présidence a expliqué que l’évaluation de la performance du gouvernement doit se faire à travers les mécanismes prévus par la constitution, notamment la présentation du plan de travail et de la déclaration de politique générale du gouvernement au Parlement, permettant ainsi une évaluation précise et complète des réalisations et des échecs.
Hassani Sharif a critiqué ce qu’il a décrit comme la répétition continue d’erreurs et d’opportunités manquées dans un environnement régional et international turbulent, notant que les conditions nationales et extérieures ne permettent pas davantage d’improvisation et de politiques ad hoc.
Il a souligné que le remaniement du poste de Premier ministre devrait servir de catalyseur pour répondre aux questions politiques urgentes et contribuer à réduire les tensions sociales et à rétablir la confiance entre les citoyens et l’État, plutôt que de simplement remplacer des individus sans revoir les politiques et les orientations.
Le chef du Mouvement de la Société pour la Paix, qui maintient une position d’opposition au Parlement, a souligné que le véritable changement commence par une réforme politique globale, par le biais d’un dialogue national inclusif impliquant toutes les forces politiques et sociales, afin de forger un consensus national mettant fin à la stagnation politique et établissant des options claires et réalistes. Il a également appelé à une réforme économique globale fondée sur la diversification, la lutte contre la bureaucratie et l’encouragement de l’investissement, tout en créant un environnement propice aux compétences nationales et en reliant les responsabilités à la reddition de comptes.
Hassani Cherif n’a pas manqué d’aborder la diplomatie algérienne, appelant à renforcer son rôle préventif et prospectif pour protéger le pays des répercussions des tensions régionales, notamment avec la France et ses voisins maghrébins et africains.
Pour lui, les problèmes actuels ne peuvent être résolus qu’en promouvant la transparence, en ouvrant les médias publics au libre débat et en engageant de profondes réformes juridiques et législatives qui rétablissent la confiance dans la vie politique. À la fin de son discours, il a lié l’avenir de l’Algérie à sa capacité à bâtir un large consensus national mobilisant les énergies pour relever les défis, estimant que le dialogue national est la clé pour éviter au pays de nouvelles crises.
Abdelkader Bengrina, chef du Mouvement pour la construction nationale, a adopté une position différente, reflétant la position de son parti au sein du gouvernement. Il a félicité Sifi Ghrib pour sa nomination et lui a souhaité plein succès, considérant sa réussite comme un succès pour tous les Algériens et son échec comme un échec collectif. Il a affirmé que le mouvement soutiendrait le gouvernement dans cette étape délicate et le soutiendrait dans la mise en œuvre du programme du Président de la République pour une Algérie sûre et stable, capable d’assurer sa sécurité nationale dans les domaines de l’énergie, de l’alimentation et de l’eau.
Ben Kirina a souligné que les priorités devaient être axées sur la création d’emplois, la maîtrise de l’inflation et la lutte contre les fléaux sociaux. Il a également appelé à une mobilisation gouvernementale globale pour relever les défis économiques, notamment ceux liés aux lobbies des importateurs qui manipulent les besoins des Algériens. Il a cité l’exemple de la question des brouettes, qui, selon lui, révèle une tentative de créer une pénurie inexistante, d’autant plus que d’importants stocks ont été constitués suite aux récents décrets présidentiels.
Le chef du Mouvement pour la construction nationale a salué la décision d’importer 10 000 nouveaux bus pour remplacer les anciens qui menacent la vie des Algériens, considérant cette mesure comme faisant partie d’un processus de renouveau national reflétant les valeurs de souveraineté et d’indépendance. Il a également souligné la nécessité de lancer de vastes ateliers de dialogue national, notamment dans le domaine éducatif, afin de réformer le système éducatif de manière à restituer à l’école algérienne sa mission civilisationnelle et à l’adapter aux avancées scientifiques et technologiques.
Dans sa vision politique, Ben Kirina a souligné que l’implication de la classe politique dans la gestion des affaires publiques est devenue une nécessité et que l’institution parlementaire est appelée à exercer plus sérieusement son rôle de contrôle. Il a appelé à l’organisation d’un dialogue national stratégique avant fin 2025 et début 2026, afin de relever les différents défis économiques et sociaux, notamment la réduction du chômage, la baisse de l’inflation et la stimulation de la production nationale. Il a également insisté sur l’importance d’une politique de communication officielle efficace, permettant au public d’accéder aux faits et fermant la porte aux tentatives de semer le doute et le désespoir.
Sur le plan extérieur, Ben Kirina a rappelé que l’Algérie, avec le soutien du président de la République, continue de jouer son rôle diplomatique indépendant et influent. Il a appelé à la poursuite de cette démarche souveraine, qui libère le pouvoir décisionnel national de toute subordination. Il a également appelé à la poursuite des réformes économiques et sociales pour renforcer la cohésion nationale et protéger le pays contre les crises internationales.
L’avocate Zoubida Assoul, ancienne présidente du parti Union pour le progrès et le changement, a insisté dans sa déclaration sur les aspects constitutionnels et juridiques de cette nomination. Elle a vivement critiqué les circonstances entourant la destitution du Premier ministre Noureddine Bedoui et la nomination d’un Premier ministre par intérim, la qualifiant de violation flagrante de la Constitution.
Assoul a souligné que Larbaoui n’a pas été en mesure de présenter le plan de travail de son gouvernement au Parlement ni d’énoncer sa politique générale, comme l’exige la Constitution, en raison de la manière dont il a été nommé et du moment choisi, à la fin du premier mandat du président Tebboune. Elle a estimé que le poste de Premier ministre est géré administrativement et non politiquement depuis 2020, les premiers ministres restant de simples exécutants des directives présidentielles sans réels pouvoirs, ce qui a vidé le poste de sa signification politique.
Asoul s’est étonnée de la précipitation avec laquelle Arabawi a été démis de ses fonctions et de la nomination d’un « Premier ministre par intérim », un poste « qui n’existe même pas dans la Constitution », soulignant qu’un membre du gouvernement aurait pu être chargé de gérer temporairement les affaires en attendant la nomination d’un nouveau Premier ministre conformément aux cadres juridiques. Elle a averti que de telles pratiques menacent la crédibilité du gouvernement, car le respect de la loi commence par le respect de la Constitution par ceux qui l’ont initiée.
Selon elle, le non-respect des dispositions constitutionnelles place le pays dans un état de « déni de justice incarné », car la Constitution ne peut être un outil sélectif utilisé en fonction des circonstances. Elle conclut qu’aucune autorité politique ne peut maintenir sa légitimité sans respecter les règles constitutionnelles qu’elle a établies.
Il est à noter que les quelques positions des partis, malgré leurs différences d’affiliation et de positionnement politique, ont convergé vers l’appel au dialogue et à la transparence. Le Mouvement pour une société pacifique a mis l’accent sur un dialogue national global comme moyen de redresser la situation politique, économique et sociale, tandis que le Mouvement de construction nationale a évoqué le dialogue stratégique comme mécanisme permettant d’apaiser les troubles et de lancer d’importants chantiers de réformes.





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