Par le délégué à la presse, Hajj Mohamed Bendamia en France
L’Algérie s’apprête à accueillir la quatrième édition de la Foire commerciale intra-africaine, prévue du 4 au 10 septembre dans la capitale algérienne. Cet événement suscite un vif intérêt auprès des milieux économiques et politiques du pays. Cet événement continental intervient à un moment exceptionnel, coïncidant avec l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), porteuse d’espoir pour l’accroissement des échanges commerciaux et des investissements entre les pays africains.
Cet événement économique majeur, organisé par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) en collaboration avec la Commission de l’Union africaine et le Secrétariat de la ZLECAF, constitue une plateforme essentielle pour mettre en valeur les capacités productives de l’Afrique et ouvrir de nouveaux horizons de partenariats entre divers acteurs économiques. Le salon devrait attirer plus de 2 000 exposants représentant divers secteurs de la production et des services d’Afrique et d’ailleurs, ainsi que plus de 35 000 visiteurs professionnels, ce qui en fait un lieu idéal pour conclure des partenariats et des accords dont le montant devrait dépasser 44 milliards de dollars.
L’exposition comprend plusieurs pavillons consacrés à l’agriculture, à l’industrie, à l’énergie et à la finance, ainsi que des espaces dédiés aux start-ups et aux jeunes entrepreneurs. Elle propose également des événements parallèles tels que l’Africa Creative Network (CANEX) et l’African Motor Show, tous destinés à soutenir l’innovation et à mettre en valeur le potentiel industriel du continent. Des conférences et séminaires réuniront également décideurs et entrepreneurs pour discuter de solutions visant à surmonter les barrières douanières et non douanières, à simplifier les procédures et à harmoniser les normes.
Samuel Ayodele, secrétaire exécutif et chef des opérations de l’African Business Roundtable, a déclaré dans des déclarations rapportées par l’Agence de presse algérienne que ce salon représente « une opportunité importante pour mettre en œuvre les applications pratiques de l’Accord de libre-échange continental africain, permettant la libéralisation des droits de douane, l’unification des règles d’origine et la promotion d’un plus grand flux commercial ». Il a ajouté que le salon servira également d’outil de coordination des politiques continentales et d’espace de mobilisation des investissements pour des projets industriels et des infrastructures prêts à être intégrés, ce qui soutiendra les chaînes d’approvisionnement africaines et réduira la dépendance aux marchés étrangers.
Pour sa part, Peter Mutakwe, directeur régional et coordinateur de la Table ronde pour l’Afrique australe, a souligné que l’organisation de cet événement par l’Algérie reflète son ambition de devenir un pôle d’intégration économique africain, notant que sa situation géographique en fait un lien stratégique entre l’Afrique subsaharienne, le bassin méditerranéen et l’Europe. Il a souligné que l’adhésion de l’Algérie au Système africain de paiements et de règlement (APS) représente un engagement concret envers l’agenda de la ZLECAF et renforce son rôle de force unificatrice favorisant la construction d’un marché continental unifié. M. Mutakwe a également indiqué que l’exposition offrira aux petites et moyennes entreprises de réelles opportunités d’accéder aux marchés régionaux, ajoutant que la présentation de produits et services fabriqués localement renforcera la confiance dans les capacités africaines et fera de la ZLECAF une réalité commerciale tangible.
L’Algérie accorde une grande importance à cet événement par une couverture médiatique proactive et continue. Récemment, plusieurs projets structurants majeurs entrepris par le pays ont été mis en avant, notamment la route transsaharienne de 10 000 km reliant Alger à Lagos, la route reliant Tindouf à Zouerate en Mauritanie, le gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à l’Europe via le Niger et l’Algérie, ainsi que des projets d’interconnexion énergétique et électrique avec les pays d’Afrique de l’Ouest. L’Algérie a également investi dans le projet de liaison transsaharienne à fibre optique afin d’améliorer la connectivité et le développement numérique. Ces projets visent à concrétiser la coopération continentale.
Dans le domaine financier, l’Algérie a créé l’Agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement, dotée d’un fonds d’un milliard de dollars destiné au financement de projets de développement dans plusieurs pays africains. L’Algérie met également son expertise dans les secteurs du pétrole, du gaz et de l’électricité au service des pays africains par le biais de programmes de formation et de qualification, et renforce son réseau aérien vers diverses capitales africaines.
Pour revenir au contexte continental, les experts estiment que le taux de commerce intra-africain, qui ne dépasse actuellement pas 14 à 16 % du commerce total, reste faible par rapport à d’autres régions comme l’Union européenne, où il dépasse 60 %. Ils considèrent l’accord ZELECAF, qui couvre un marché dont le potentiel dépasse 3 500 milliards de dollars et englobe plus de 1,4 milliard de personnes, comme l’outil essentiel pour changer cette réalité. Certains s’attendent à ce que cet accord augmente le commerce africain de 33 %, avec l’ambition de sortir environ 30 millions de personnes de l’extrême pauvreté d’ici 2035.
L’Exposition universelle d’Alger 2025 devrait être l’occasion de signer de nouveaux accords et partenariats commerciaux et d’investissement, ainsi que de mener des discussions techniques sur l’activation de la ZELECAF et la levée des obstacles pratiques qui continuent de freiner les échanges commerciaux. Cette édition est considérée comme un test supplémentaire de la capacité des pays africains à passer des accords signés à une réalité économique tangible, tout en veillant à l’engagement des gouvernements et des institutions économiques à respecter les mesures annoncées.




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