Le Monde : Que cherche à cacher Israël en imposant un black-out à Gaza ?

  • بتاريخ : سبتمبر 2, 2025 - 7:49 ص
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  • Par le délégué à la presse, Hajj Mohamed Bendamia   en France

    PARIS – Al-Quds Al-Arabi : Sous le titre “Que veut cacher Israël en imposant un black-out à Gaza ?”, le journal français Le Monde écrit dans un éditorial que la guerre sanglante menée par Israël contre Gaza a fait une autre victime majeure : le droit fondamental à l’information.

    Le Monde : Rien ne justifie un tel blocage médiatique. Pourtant, cette situation a été acceptée sans objection par de nombreux alliés d’Israël en Occident !

    Le journal ajoute que depuis près de deux ans, les autorités israéliennes empêchent la presse d’accéder librement à cette étroite bande de terre. C’est une pratique sans précédent dans une région habituée aux ravages de la guerre, et indigne d’un pays qui se revendique comme « la seule démocratie du Moyen-Orient ».

    Le Monde estime que rien ne justifie un tel blocus médiatique . Pourtant, cette situation a été acceptée sans objection par de nombreux alliés occidentaux de l’État hébreu, qui prétendent défendre le principe du droit à l’information. Au premier rang d’entre eux figurent les États-Unis, qui n’ont à aucun moment exigé la levée de cette mesure, qui ne diffère en rien des pratiques des pires régimes du monde. Les pays de l’Union européenne ont également emboîté le pas, bien que ce blocus médiatique israélien constitue une violation flagrante d’une clause fondamentale de l’accord de partenariat commercial avec Israël, qui stipule que le respect des droits humains est une condition essentielle des relations bilatérales.

    Le journal français a également souligné que ce silence honteux des démocraties a facilité la transgression de nombreuses limites par le gouvernement de coalition israélien, sans jamais être interrogé sur ce qu’il s’obstine à dissimuler au monde. L’imposition d’un black-out et la délégitimation de la voix palestinienne par l’accusation constante de liens avec le mouvement armé Hamas ont garanti l’impunité d’Israël, y compris à l’égard des journalistes de Gaza.

    Cette stratégie de dissimulation prive non seulement la presse internationale de liberté d’information, mais s’accompagne aussi d’une méthode de guerre qui en a fait la guerre contre la presse la plus sanglante de l’histoire des conflits, selon Le Monde.

    Le journal note que plus de 200 journalistes , pour la plupart palestiniens, ont été tués jusqu’à présent dans les bombardements qui ont réduit cette étroite bande de terre en ruines. Certains ont été tués lors de raids aveugles avec leurs familles, tandis que d’autres sont morts en couvrant les bombardements malgré les risques encourus dans l’exercice de leur devoir d’information. D’autres ont récemment été délibérément pris pour cible, malgré les démentis d’Israël, comme ce fut le cas pour les journalistes travaillant pour des médias internationaux, tués les 10 et 25 août.

    Le Monde : Imposer un black-out et délégitimer la voix palestinienne en l’accusant constamment d’être liée au Hamas a garanti l’impunité d’Israël.

    En juin 2024, alors que le nombre de journalistes palestiniens tués dépassait la centaine, Le Monde publiait une enquête collective coordonnée par Forbidden Stories, révélant une stratégie israélienne extrêmement hostile envers les médias. Cette situation s’inscrit dans la continuité d’une tendance qui existe depuis des années, mais la guerre actuelle est marquée par une escalade tragique et sans précédent.

    Le Monde souligne que les appels au cessez-le-feu et à la levée des restrictions sur l’aide alimentaire vitale, dans un pays en proie à la famine, selon les experts de l’ONU, doivent s’accompagner de deux exigences fondamentales : la protection des journalistes dans leurs reportages, quelle que soit leur organisation, et l’ouverture de Gaza à la presse internationale. C’est l’essence même de la campagne lancée par Reporters sans frontières le 1er septembre.

    Le journal a fait valoir qu’étant donné la réponse assourdissante d’Israël à tous les appels des institutions défendant la liberté des médias, les gouvernements qui s’engagent à préserver ce droit doivent envoyer un message clair : insister sur cette approche aura un coût.