L’Algérie cherche à jouer un rôle dans la crise de Kinshasa pour rompre son isolement diplomatique

  • بتاريخ : فبراير 2, 2025 - 5:42 م
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  • Par le délégué à la presse, Hajj Mohamed Bendamia   en France

     

    L’Algérie a proposé sa médiation pour rétablir la paix et la stabilité en République démocratique du Congo, qui connaît des affrontements armés entre un groupe rebelle et les forces de sécurité, alors que les chances de l’initiative algérienne de réduire la tension dans ce pays africain s’amenuisent, selon des sources concordantes. L’Afrique du Sud a connu de nombreuses expériences ratées dans les conflits qu’elle a tenté de résoudre, notamment son échec à établir la paix. Au Mali, l’accord fragile qu’elle a parrainé pendant près d’une décennie, qui visait à mettre fin au conflit entre l’armée malienne et les séparatistes touaregs, n’a pas été appliqué. obtenu des résultats tangibles.

    L’offre de médiation intervient à un moment où l’Algérie s’enfonce dans son isolement africain, alors qu’elle est perçue comme cherchant des solutions au déclin de son influence dans la région et à la rupture de ses relations avec ses voisins en raison de ses mauvaises politiques étrangères.

    Le ministère algérien des Affaires étrangères a exprimé dans un communiqué sa profonde préoccupation face à la reprise et à l’escalade du conflit dans ce pays africain.
    Elle a indiqué que « le président Abdelmadjid Tebboune a chargé le ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf de contacter tous les ministres des Affaires étrangères des pays concernés par ce conflit, en plus de ceux impliqués dans la médiation ».
    Elle a expliqué que l’objectif de cette démarche est de « confirmer la disponibilité de l’Algérie à accompagner les efforts de médiation en cours et à faire tout ce qui est en son pouvoir pour contribuer au rétablissement de la paix et de la stabilité en République démocratique du Congo et dans toute la région des Grands Lacs ». “
    Elle a exprimé ses « encouragements et son soutien au président de la République d’Angola, João Lourenço, et au président de la République du Kenya, William Ruto, dans leurs efforts inlassables et continus pour servir de médiateur entre toutes les parties au conflit » malgré la difficulté de la tâche.
    L’Algérie a appelé les parties au conflit à faire preuve de retenue et de désescalade afin de créer les conditions propices à la reprise du dialogue et à la négociation responsable afin de rétablir la paix dans la région.

    L’Algérie est accusée de soutenir des mouvements séparatistes, ce qui constitue une menace pour la stabilité de certains pays, tandis que les observateurs estiment que la diplomatie algérienne est surtout confuse en raison de son manque de vision claire.

    Les analystes soulignent que la succession d’environ trois ministres au portefeuille du ministère des Affaires étrangères en peu de temps témoigne de l’état de confusion dans le traitement des dossiers régionaux et internationaux.

    L’Algérie tente depuis un certain temps de retrouver l’élan de l’initiative, soit en tentant d’étendre ses débouchés économiques en Afrique profonde, soit par la médiation pour résoudre les conflits naissants et latents dans un certain nombre de pays. En proposant de servir de médiateur entre les parties au conflit, République démocratique du Congo, elle cherche à démontrer sa capacité à jouer le rôle de médiateur pour apaiser les tensions.

    Les observateurs estiment que l’Algérie, qui s’est longtemps présentée comme un médiateur pour résoudre les conflits dans la région, n’a pas encore accepté la fin de son rôle dans la région, notamment après que Bamako a annulé l’année dernière l’accord de paix conclu en 2015, qui visait à mettre fin aux combats entre l’armée malienne et les rebelles touaregs.

    Le Conseil militaire au pouvoir au Mali a annulé l’accord en raison de ce qu’il considère comme une ingérence algérienne dans les affaires intérieures après que des responsables algériens, dirigés par Tebboune, ont reçu une délégation de séparatistes et discuté avec eux sans impliquer les autorités maliennes.

    Depuis le début de cette année, la République démocratique du Congo est le théâtre de violents affrontements entre le groupe rebelle du Mouvement du 23 mars, connu sous le nom de M23, et les forces de sécurité dans l’est du pays.

    Le ministère de la Santé de la République démocratique du Congo a annoncé samedi que le nombre de corps dans les morgues des hôpitaux de Goma et de ses environs, à l’est du pays, avait atteint 773 au 30 janvier, suite à une attaque des rebelles soutenus par le Rwanda la semaine dernière.
    Le mouvement M23 est un groupe rebelle armé actif dans les régions de l’est de la République démocratique du Congo, notamment dans la province du Nord-Kivu, frontalière de l’Ouganda et du Rwanda.
    Plus de 400 000 personnes ont été déplacées par les violents affrontements en cours entre le mouvement rebelle et les forces de sécurité dans l’est de la RDC.
    Après avoir pris le contrôle de plusieurs villages et villes de la région, le mouvement rebelle a annoncé jeudi avoir pris le contrôle de la ville de Goma.
    Les Nations Unies et la République démocratique du Congo accusent le Rwanda de soutenir le mouvement M23, ce que ce dernier nie.
    Le mouvement M23, également connu sous le nom d’Armée révolutionnaire congolaise, a été fondé après l’échec de l’accord de paix signé le 23 mars 2009 entre le gouvernement congolais et les rebelles. La plupart de ses membres sont issus de la tribu tutsie, à laquelle le président rwandais a fait référence. Paul Kagame en fait partie.