L’Algérie est sous haute sécurité après l’évasion du directeur du renseignement

  • بتاريخ : سبتمبر 21, 2025 - 9:14 م
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  • Par le délégué à la presse, Hajj Mohamed Bendamia   en Franc

     

     

    Le journal français Le Monde a rapporté qu’Alger et sa banlieue avaient connu un vaste déploiement de forces de sécurité les 18 et 19 septembre, le qualifiant de « sans précédent depuis la décennie noire des années 1990 ». Ce déploiement faisait suite à l’évasion de l’ancien directeur de la Sécurité intérieure, le général de division Abdelkader Haddad, surnommé « Nasser El-Din », assigné à résidence depuis sa destitution en mai dernier.

    Le journal a noté que les autorités avaient installé des postes de contrôle policiers et militaires et fermé des routes, tandis que les véhicules étaient fouillés, même par des agents en civil, provoquant d’épais embouteillages qui ont paralysé la circulation pendant des heures. Ces opérations étaient accompagnées de survols en hélicoptère, une scène évoquant une chasse à l’homme pour retrouver un fugitif.

    Le journal ajoute que Nasser El-Jen, immédiatement après son limogeage, a été arrêté et incarcéré d’abord à la prison militaire de Blida, puis à Béchar (ouest du pays), avant d’être assigné à résidence dans une villa du quartier de Dely Ibrahim, dans les hauteurs de la capitale. Il a toutefois réussi à échapper à ses gardes en milieu de semaine, selon une source officielle algérienne.

    Selon Le Monde, la disparition de Nasser El-Djenn a provoqué un “choc violent” au sein de la direction algérienne, provoquant une réunion d’urgence du Conseil supérieur de sécurité, sur fond d’informations faisant état de collusions au sein des services de sécurité qui ont permis son évasion.

    Le Monde estime que les vastes perquisitions et raids dans la capitale reflètent l’état de confusion extrême au sein du régime, car il est clair que son évasion n’aurait pas été possible sans la collusion au sein des services de sécurité, signe de la profondeur des divisions malgré la rhétorique de la “nouvelle Algérie” du président Tebboune.

    Le journal ajoute que le silence des médias locaux, soumis au contrôle du gouvernement, sur cette question a accru les rumeurs concernant la localisation du général en fuite. Certains rapports affirment qu’il est parti en Espagne, où il a vécu entre 2015 et 2020, tandis que d’autres affirment qu’il se trouve toujours en Algérie. Des informations ont également circulé concernant l’arrestation d’officiers soupçonnés de l’avoir aidé.

    Le Monde confirme que l’intérêt pour cette affaire vient du personnage de Nasser al-Jinn, considéré comme un « réservoir de secrets » pour l’élite dirigeante.

    Le journal a noté que cet incident n’est que le dernier chapitre d’une série de troubles au sein de l’élite politique et militaire. Le limogeage de Nasser al-Jen en mai dernier a été précédé par celui du général Mehna Djebbar, directeur du Service de renseignement extérieur, en septembre 2024. Depuis l’arrivée au pouvoir de Tebboune en 2019, sept responsables se sont succédé à la tête du Service de renseignement extérieur, et cinq à la tête du Service de sécurité intérieure.

    Elle a ajouté que ces troubles reflètent la profondeur des troubles causés par le mouvement populaire de 2019-2020, qui a fait des purges un phénomène récurrent. Selon Le Monde, environ 200 officiers supérieurs sont actuellement emprisonnés, dont une trentaine de généraux. Certains d’entre eux sont revenus au premier plan après avoir été tombés en disgrâce, comme le général Abdelkader Ait Ourabi, dit « général Hassan », qui a succédé à Nasser El-Djenn après avoir lui-même passé des années en prison militaire entre 2015 et 2021.

    Le journal poursuit en expliquant que les analystes estiment que l’équilibre des pouvoirs du régime a été ébranlé depuis 2015, lorsque l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, avec le soutien du chef d’état-major de l’époque, le général Ahmed Gaid Salah, a décidé de démanteler la puissante agence de renseignement dirigée par le lieutenant-général Mohamed Mediene, dit « Tawfik ».

    Elle a expliqué que cette décision, intervenue après le tragique attentat de Tiguentourine en 2013, a déstabilisé le système tripartite qui représentait les piliers du pouvoir : la présidence, le commandement de l’armée et les renseignements, à un moment où la montée de l’oligarchie économique, encouragée par Bouteflika, a conduit à la création d’un quatrième pôle d’influence basé sur les intérêts financiers et la corruption.

    Le Monde citait Ali Ben Saad, chercheur et professeur de géographie politique à l’Université Paris 8 : « Les services de renseignement représentaient à la fois une faction et une autorité dirigeante, un point d’équilibre entre l’armée et la société, et au sein même de l’institution militaire. Avec sa disparition, la capacité de l’institution militaire à contrôler les affaires intérieures s’est amoindrie. L’institution militaire connaît désormais une instabilité chronique, marquée par des conflits entre factions qui s’entrecroisent, et le mécontentement des officiers qui jugent la situation actuelle intenable. »