Par le délégué à la presse, Hajj Mohamed Bendamia en Franc
Notre pays ne souffre pas tant d’une pénurie de ressources naturelles ni d’un épuisement des moyens de subsistance décents que d’une abondance de revenus et d’une mauvaise répartition. Le citoyen algérien ne souffre pas non plus d’une incapacité à travailler ni à subvenir à ses besoins fondamentaux, mais il est affligé par un régime militaire rétrograde qui représente, dans son ensemble, une forme d’« occupation nationale », expression aux multiples significations, d’autant plus que l’Algérie a théoriquement obtenu son indépendance, mais que le stade de l’indépendance réelle n’a pas atteint l’Algérie, le colonisateur étant parti avec ses soldats et ses armes et ayant installé des dirigeants qui lui sont toujours fidèles. Les agents du colonialisme ont mis en place une armée et un État profond qui mettent en œuvre un programme secret dont le but est d’affamer le peuple et de l’épuiser en courant après le pain et en brutalisant quiconque lève la tête pour réclamer justice.
Alors que les services de sécurité algériens se transformaient en un fouet qui enflammait le peuple au lieu de le défendre et de le protéger, et face à la pression croissante sur la vie des citoyens, à l’institutionnalisation de la corruption et au pillage des richesses, une vaste classe sociale s’est formée, avide non seulement de pain, mais aussi de dignité, de respect et d’appartenance nationale. Ce fossé a creusé un fossé profond entre la classe dirigeante et ceux qui la soutiennent, grâce à l’État profond et aux « soutiens » extérieurs, d’une part, et le grand public, d’autre part. Face à ce fossé grandissant, des révolutions de ceux qui ont soif de pain et de liberté ont émergé dans le cadre de ce que l’on a appelé le « Mouvement de 2019 », confronté à de féroces campagnes de vol, de diabolisation et de contrecarrement. Au lieu de s’attaquer aux causes profondes des mouvements, la contre-révolution a persisté à humilier et à opprimer le peuple, sans mettre en place de solutions concrètes pour mettre fin au pillage des fonds publics ni traduire les corrompus en justice. Elle ne se souciait guère de préserver la dignité du citoyen algérien ni de lui redonner confiance en lui, et elle ne prêtait certainement aucune attention à sa soif de liberté, et encore moins de pain, qui rallumerait les révolutions en Algérie. Comme d’habitude, les forces de la contre-révolution tentèrent d’éteindre les incendies qui faisaient rage, mais elles ne parvinrent certainement pas à éteindre les braises qui brûlaient sous les cendres. Les généraux continuèrent de croire au proverbe « Affamez votre chien, il vous suivra ». Ils ne remarquèrent pas que la faim avait atteint un niveau menaçant la vie des gens et devenu insupportable. Le dicton prit alors une autre forme : « Affamez votre chien, il vous mangera ». Ce qui a peut-être accru l’ampleur de cette soif de pain et de liberté, c’est la tendance de certains généraux à commettre ce qui s’apparente à une trahison publique en s’alliant ouvertement aux pays occidentaux et en coopérant avec eux contre le peuple algérien, que ce soit en important des systèmes d’espionnage contre eux, ou même en s’inspirant de leurs méthodes et en les important pour occuper la conscience collective, en exploitant leur vaste expérience en matière d’arrestations, de torture et d’interrogatoires. Toutes ces informations, qui ne cessent de s’approfondir et de s’aggraver, nous confortent dans l’idée que la révolution des affamés de pain et de liberté est imminente en Algérie, qui a perdu la vue et la compréhension.
Belkacem Chaib pour Algeria Times





إرسال تعليق