Les espagnols ont été impliqués dans des pots-de-vin à des généraux pendant Bouteflika.

  • بتاريخ : سبتمبر 29, 2025 - 4:55 ص
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  • Par le délégué à la presse, Hajj Mohamed Bendamia   en France

     

    Deux anciens parlementaires et autres responsables espagnols font face à de graves accusations devant les tribunaux espagnols après que le procureur général Santiago Pedraz a décidé d’engager des poursuites pour corruption liées à de grands projets en Algérie sous le régime de feu le président  Abdelaziz Bouteflika . Cette décision fait suite à plus de dix ans d’enquêtes qui ont failli être prescrites.

    Les principales accusations portent sur l’attribution de contrats d’une valeur de plusieurs centaines de millions d’euros à des entreprises espagnoles en échange de pots-de-vin et de commissions versés à des fonctionnaires et généraux algériens. Parmi ces contrats figurent le projet de tramway de Ouargla, attribué en 2013 pour un montant de 230 millions d’euros, et le projet de dessalement d’eau de mer de Souk El-Thalatha, à Tlemcen (ouest de l’Algérie), construit en 2009 pour un montant de 250 millions d’euros.

    Les enquêtes confirment que ces contrats n’étaient pas sans frais, puisque les fonds étaient transférés via des sociétés intermédiaires enregistrées à Dubaï, en plus de l’achat de biens immobiliers de luxe à l’étranger au profit d’influents responsables algériens de l’époque.

    Selon les médias espagnols, l’enquête a révélé qu’Eleknor et Rover Alcaza, ainsi qu’une autre entreprise, avaient créé un consortium temporaire appelé ETM, qui s’est vu attribuer le projet de tramway de Ouargla en 2013 après avoir versé des pots-de-vin d’un montant total de 850 000 € au donateur. Les mêmes sources ont ajouté que les fonds avaient transité par des sociétés intermédiaires enregistrées à Dubaï.

    Le parquet espagnol requiert des peines allant jusqu’à 18 ans de prison contre les anciens députés Pedro Gómez de la Serna et Gustavo de Aristegui, ce dernier ayant été ambassadeur d’Espagne en Inde. Il réclame également des amendes de 720 000 euros et la confiscation de 2,64 millions d’euros d’actifs de deux sociétés créées par les accusés. Ces sociétés, selon l’acte d’accusation, auraient servi de façades pour percevoir des commissions illégales auprès des entreprises clientes du cabinet Wolter Lassen qu’ils ont fondé.

    Les accusations portées contre les accusés incluent corruption dans les marchés publics, corruption passive, falsification de documents, blanchiment d’argent, appartenance à une organisation criminelle et constitution d’une association illégale. L’affaire ne s’arrête pas là : certains dirigeants d’entreprises impliqués encourent des peines plus lourdes, allant jusqu’à 21 ans de prison, notamment les dirigeants du groupe basque Elecnor.

    L’affaire s’étend également à cinq grandes entreprises accusées de corruption : le groupe Eleknor, sa filiale Internacional de Desarrollo Energetico S.A., Rover Alexa, Asegna Infrastructuras et AS Auditoria & Consulting Navarra S.L. Ces entreprises risquent de lourdes amendes, s’élevant à 36,7 millions d’euros pour le seul groupe Eleknor. Les médias espagnols ont révélé que ces entreprises avaient créé un consortium temporaire appelé « ETM », qui a remporté le contrat du tramway d’Ouargla après avoir versé des pots-de-vin estimés à 850 000 euros.

    Les documents invoqués par l’accusation confirment que les enquêtes s’appuyaient sur un vaste réseau de commissions judiciaires internationales dépêchées dans plusieurs pays, dont l’Algérie, la France, le Maroc, les Émirats arabes unis, les Pays-Bas, la Suisse, le Royaume-Uni, la Chine, Hong Kong, la Belgique et l’Irlande. Cette dimension internationale reflète la complexité de l’affaire et les itinéraires entrecroisés des fonds passés en fraude et blanchis par divers canaux financiers.

    Le scandale a éclaté en 2015, lorsque des articles de presse ont fait état de soupçons de corruption dans des contrats attribués par des entreprises espagnoles en Algérie. Depuis, les tribunaux espagnols ont poursuivi leurs enquêtes, ciblant des responsables politiques, des diplomates, des hommes d’affaires et des fonctionnaires de multinationales. Dix ans plus tard, l’affaire est en voie de conclusion judiciaire, et des voix s’élèvent pour réclamer des peines maximales à l’encontre des personnes impliquées.

    Cette affaire a suscité une vive controverse en Espagne et en Algérie, où beaucoup y voient une preuve supplémentaire de l’ampleur des irrégularités qui ont caractérisé la gestion des grands contrats sous Bouteflika. Parallèlement, ce procès expose les entreprises impliquées à un risque immédiat de perte de réputation internationale et de lourdes sanctions financières susceptibles de compromettre leur avenir économique.

    Durant cette période, l’Espagne est devenue un paradis pour le blanchiment d’argent, notamment par des hommes d’affaires qui y ont acquis d’importants biens immobiliers. Le président algérien  Abdelmadjid Tebboune  avait récemment révélé que l’Algérie avait récupéré un hôtel à Barcelone appartenant à Ali Haddad, un puissant homme d’affaires sous la présidence de Bouteflika.